Le Service d’information sur l’enseignement supérieur (SIES) vient de publier ses dernières projections : à la prochaine rentrée, la France comptera 3 046 800 étudiants, soit 19 800 de plus qu’à la rentrée précédente. Une progression de 0,7 %, en légère accélération par rapport aux +0,5 % observés l’année d’avant, mais qui reste, selon les mots des statisticiens eux-mêmes, « timide ».
Une croissance qui se confirme, filière par filière
L’université retrouve des couleurs après deux années de recul en 2022 et 2023 : les effectifs y progressent de 0,4 %, portés notamment par les inscriptions en master, en hausse de 0,7 %. Mais ce sont surtout les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs qui tirent la dynamique vers le haut, avec une croissance de 2,8 % chacune. Les établissements privés progressent plus modestement, de 0,8 %.
- Université : +0,4 % (masters : +0,7 %)
- Écoles de commerce : +2,8 %
- Écoles d’ingénieurs : +2,8 %
- Établissements privés : +0,8 %
Les filières courtes en difficulté
À l’inverse, les sections de technicien supérieur (STS) enregistrent un deuxième recul consécutif, y compris dans leurs parcours en apprentissage. Les IUT connaissent eux aussi une baisse attendue de leurs effectifs. Ce repli des filières courtes et professionnalisantes fait écho aux difficultés déjà documentées de l’apprentissage, qui peine à maintenir le rythme de ses nouveaux contrats malgré un stock global toujours élevé.
Un contexte marqué par les tensions sur le marché du travail
Cette photographie de l’enseignement supérieur ne peut se lire indépendamment du marché de l'emploi qui attend ces jeunes diplômés. Le paradoxe reste frappant : alors que le taux de chômage se maintient à 8,1 %, des centaines de milliers de postes restent non pourvus faute de candidats correspondant aux besoins des employeurs. Un décalage qui interroge sur l’adéquation entre les filières qui se développent et celles que réclame réellement le tissu économique.
Du côté de la formation professionnelle, le constat est similaire : les moyens se resserrent alors que le nombre de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation continue d’augmenter, comme le montrait récemment notre analyse sur le budget de la formation professionnelle.
Ce que cette hausse dit de l’enseignement supérieur français
Au-delà des chiffres bruts, cette progression modérée traduit un basculement progressif des choix d’orientation : les familles et les jeunes se tournent davantage vers des cursus sélectifs perçus comme plus « sécurisants » sur le marché du travail — commerce, ingénierie — au détriment des filières courtes, pourtant historiquement conçues comme des tremplins rapides vers l'emploi. Une tendance que les pouvoirs publics devront surveiller de près à l’heure où l’insertion professionnelle des jeunes diplômés reste un enjeu central des politiques de l’enseignement supérieur.
Questions fréquentes
Combien d’étudiants sont attendus à la rentrée en France ?
Selon le SIES, 3 046 800 étudiants sont attendus, soit une hausse de 19 800 par rapport à la rentrée précédente (+0,7 %).
Quelles filières progressent le plus ?
Les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs affichent la plus forte croissance, avec +2,8 % chacune, devant les établissements privés (+0,8 %) et l’université (+0,4 %).
Quelles filières sont en recul ?
Les sections de technicien supérieur (STS) reculent pour la deuxième année consécutive, tout comme les effectifs attendus en IUT.
Sources
Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (SIES) —
Blog Headway —
Tesify
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



