Le taux de chômage a atteint 8,1 % de la population active en France au premier trimestre 2026, son plus haut niveau depuis le début de l’année 2021, selon les derniers chiffres de l’Insee. Un paradoxe se dessine pourtant au même moment : les entreprises annoncent près de 2,3 millions de projets de recrutement pour l’année, d’après l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) de France Travail. Comment expliquer ce décalage entre une hausse du chômage et des besoins de recrutement qui restent massifs ?
Un chômage en hausse, mais loin des records historiques
Selon l’Insee, 2,6 millions de personnes étaient au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) au premier trimestre 2026, soit 68 000 de plus qu’au trimestre précédent. Le taux progresse de 0,2 point sur trois mois et de 0,7 point sur un an. Il reste toutefois très inférieur au pic de 10,5 % enregistré mi-2015, preuve que la dégradation actuelle, si elle est réelle, n’atteint pas les niveaux de crise du milieu des années 2010. Les prochaines données, portant sur le deuxième trimestre 2026, permettront de vérifier si cette tendance haussière se confirme ou s’inverse.
2,3 millions de projets de recrutement recensés pour 2026
Dans le même temps, la 25e édition de l’enquête BMO de France Travail, menée fin 2025 auprès de plusieurs centaines de milliers d’établissements, dénombre près de 2,3 millions d’intentions d'embauche pour 2026. Ce chiffre marque toutefois un recul de 6,5 % par rapport à l’année précédente, signe que les employeurs restent prudents dans un contexte économique incertain.
- Santé, social et services à la personne : 322 000 projets de recrutement, un secteur porté par le vieillissement de la population.
- Agriculture : 193 000 embauches envisagées, en grande partie sur des emplois saisonniers.
- Industries extractives, énergie et gestion des déchets : une progression spectaculaire de +24,8 % par rapport à 2025, portée par de grands chantiers industriels, dont les 100 000 recrutements attendus dans la filière nucléaire d’ici 2035.
Des difficultés de recrutement qui reculent légèrement
Autre enseignement de l’enquête : la part des projets jugés « difficiles » à pourvoir par les employeurs recule nettement, à 43,8 % contre 50,1 % en 2025. Un signe que l’appariement entre l’offre et la demande d'emploi s’améliore un peu, même si les métiers de la restauration, de l’agriculture et des services à la personne concentrent toujours le plus grand nombre d’offres non satisfaites. Ce recul reste toutefois fragile et pourrait ne pas se confirmer si la conjoncture économique se dégradait davantage dans les prochains mois.
Pourquoi ce décalage entre chômage et recrutement ?
Ce paradoxe apparent s’explique en partie par une inadéquation persistante entre les compétences des demandeurs d'emploi et les besoins des entreprises, notamment dans des secteurs en tension comme la santé, le numérique ou l’industrie. Il reflète aussi la diversité des situations sur le territoire : certains bassins d'emploi cumulent chômage élevé et pénurie de main-d’œuvre qualifiée, quand d’autres bénéficient d’une dynamique plus équilibrée entre offre et demande. Pour les entreprises qui investissent, notamment dans des projets liés au développement économique, ce contexte impose d’anticiper davantage leurs besoins en compétences et de renforcer les partenariats avec les organismes de formation. Retrouvez d’autres analyses économiques dans notre rubrique Entreprise – Business, ainsi que nos décryptages consacrés à la Finance et à l’Argent pour mieux comprendre les mécanismes économiques à l’œuvre derrière ces chiffres de l'emploi.
Questions fréquentes
Le taux de chômage va-t-il continuer à augmenter en 2026 ?
L’Insee n’a pas publié de prévision chiffrée pour les trimestres suivants dans sa dernière note. Les prochaines données, portant sur le deuxième trimestre 2026, permettront de confirmer ou non cette tendance à la hausse.
Quels secteurs recrutent le plus en France en 2026 ?
La santé et le social, l’agriculture ainsi que les industries extractives et énergétiques figurent parmi les secteurs affichant les plus fortes intentions d'embauche selon l’enquête BMO de France Travail.
Pourquoi certaines entreprises peinent-elles à recruter malgré la hausse du chômage ?
Le décalage s’explique surtout par une inadéquation entre les qualifications disponibles et les compétences recherchées par les employeurs, ainsi que par des disparités géographiques entre bassins d'emploi.
Sources
Insee – Taux de chômage au premier trimestre 2026
France Travail – Enquête BMO 2026
Myrhline – Enquête BMO France Travail 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



