La France a franchi et dépassé, fin 2025, l’objectif symbolique du million d’apprentis fixé par l’exécutif, avec 1 017 493 contrats d’apprentissage en cours au 31 décembre 2025. Un cap atteint, mais dans un contexte de ralentissement : les nouvelles entrées en apprentissage, elles, reculent pour la première fois depuis le boom post-Covid.
Un stock record, des entrées en recul
Selon les données de la Dares, le service statistique du ministère du Travail, 846 700 contrats d’apprentissage ont débuté en 2025, soit un recul de 5 % sur un an. La tendance se confirme sur le début de l’année suivante : au premier trimestre, environ 70 400 nouveaux contrats ont été signés, en baisse de 3,3 % par rapport à la même période un an plus tôt.
Cette évolution marque une rupture après plusieurs années de croissance continue de l’alternance, portée depuis 2019 par une réforme et des aides à l'embauche généreuses pour les entreprises. Le marché devient plus concurrentiel pour les candidats : certaines plateformes d’offres d'emploi constatent jusqu’à 32 % d’offres d’alternance en moins sur un an.
La baisse des aides à l'embauche, principal facteur
Le gouvernement a revu à la baisse le barème des aides versées aux employeurs d’apprentis à partir de 2026, dans un objectif affiché d’économies budgétaires. Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide de 5 000 euros versée jusqu’ici pour la première année de contrat est désormais modulée selon le niveau de diplôme préparé :
- Jusqu’au niveau baccalauréat : aide inchangée, à 5 000 euros
- Niveau BTS ou DUT (bac+2) : aide plafonnée à 4 500 euros
- Niveau licence, master ou diplôme d’ingénieur : aide plafonnée à 2 500 euros
Cette réforme du barème doit permettre, selon les projections officielles, environ 200 millions d’euros d’économies dès 2026, pour atteindre 700 millions d’euros cumulés d’ici 2027. Elle explique en grande partie le tassement observé sur les niveaux de qualification les plus élevés, les employeurs restant plus enclins à recruter sur les diplômes où l’aide reste la plus favorable.
Les secteurs qui recrutent encore massivement
Malgré ce ralentissement global, certains secteurs continuent d’absorber une large part des nouveaux contrats. Le numérique (développement web, data, cybersécurité), la banque-assurance et le BTP concentrent une grande partie des offres d’alternance encore actives. La restauration et le commerce de proximité restent également des viviers importants pour les profils en apprentissage de niveau CAP à bac.
Pour les futurs alternants, cette évolution invite à anticiper davantage leur recherche de contrat et à élargir leurs candidatures au-delà des secteurs traditionnels, dans un marché où la sélection s’est nettement durcie par rapport aux années précédentes.
Questions fréquentes
Le nombre d’apprentis a-t-il vraiment baissé en France ?
Non, le stock total d’apprentis en contrat a continué de progresser et dépasse le million fin 2025. En revanche, le nombre de nouveaux contrats signés dans l’année recule, de 5 % en 2025 puis de 3,3 % au premier trimestre suivant.
Pourquoi les aides aux entreprises baissent-elles ?
Le gouvernement a revu le barème à la baisse pour les contrats préparant des diplômes de niveau bac+2 et plus, dans un objectif d’économies budgétaires estimées à 700 millions d’euros d’ici 2027.
Quels secteurs recrutent le plus en alternance ?
Le numérique, la banque-assurance et le BTP concentrent une large part des offres, aux côtés de la restauration et du commerce de proximité pour les niveaux CAP à bac.



