Deux chiffres publiés à quelques jours d’intervalle dessinent le nouveau visage de la formation professionnelle et de l’insertion des jeunes en France. D’un côté, l’Insee constate une hausse continue des jeunes NEET, ni en emploi, ni en études, ni en formation. De l’autre, le budget consacré au Compte personnel de formation se resserre nettement pour 2026. Deux signaux qui, mis bout à bout, interrogent la capacité du système à accompagner ceux qui en ont le plus besoin.
Le nombre de jeunes NEET repart à la hausse
Selon les données publiées par l’Insee le 7 août 2026, la part des NEET (« Not in Education, Employment or Training ») atteint 13,3 % des 15-29 ans en France au deuxième trimestre 2026, soit près de 1,5 million de jeunes concernés. La progression est de 0,3 point sur un an, mais elle s’inscrit dans une tendance plus longue : après un point bas à 11,8 % en 2022, la courbe s’est inversée, et l’écart avec le niveau d’avant-pandémie (fin 2019) s’est creusé de façon marquée.
- La France reste au-dessus de la moyenne de l’Union européenne, où le taux de NEET s’établit à 11 %.
- L’objectif européen fixé pour 2030 est de 9 % : la France en est aujourd’hui à plus de quatre points.
- Une période prolongée hors emploi et hors formation pèse durablement sur les revenus, l’accès au logement et la santé des jeunes concernés.
Le budget du Compte personnel de formation se resserre
Dans le même temps, la loi de finances 2026 organise une réduction significative des moyens alloués à la formation professionnelle. Le budget de France Compétences consacré au Compte personnel de formation (CPF) passe de 1,96 milliard d’euros en 2025 à 1,31 milliard d’euros en 2026, soit près de 885 millions d’euros d’économies attendues. Ces économies reposent notamment sur une hausse du reste à charge pour les usagers et sur de nouveaux plafonds de prise en charge, précisés par le décret n° 2026-127 du 24 février 2026, qui modifie sensiblement les conditions d’éligibilité de certaines formations au CPF.
Cette contraction budgétaire s’accompagne d’une réorganisation de l’accompagnement des demandeurs d'emploi : les trois modalités actuelles laissent progressivement place à deux parcours différenciés, pensés pour concentrer les moyens sur les publics jugés prioritaires. L’objectif affiché est double : maîtriser la dépense publique tout en cherchant à améliorer la qualité des formations financées, dans un contexte où la formation est de plus en plus présentée comme un investissement structurel pour la compétitivité, et non comme une simple réponse ponctuelle au chômage.
Un système sous tension pour les entreprises et les jeunes actifs
Pour les entreprises confrontées à des tensions de recrutement dans le numérique, la santé, l’industrie ou la transition écologique, ce resserrement budgétaire arrive à un moment paradoxal : les besoins de compétences restent élevés, mais les leviers de financement individuel se réduisent. Les jeunes NEET, souvent les plus éloignés des dispositifs classiques, risquent d’être les premiers touchés par la baisse des capacités de financement du CPF, alors même que les pouvoirs publics affichent une priorité affirmée pour leur insertion. Du côté des ménages, la question rejoint aussi celle des arbitrages budgétaires autour de la formation continue, un enjeu suivi de près par les acteurs de l’enseignement et de l'emploi.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un jeune NEET ?
Un NEET (« Not in Education, Employment or Training ») est une personne, généralement âgée de 15 à 29 ans, qui n’est ni scolarisée, ni en emploi, ni en formation professionnelle. En France, ce taux atteint 13,3 % des 15-29 ans au deuxième trimestre 2026, selon l’Insee.
Pourquoi le budget du CPF baisse-t-il en 2026 ?
La loi de finances 2026 vise à réduire la dépense publique liée à la formation professionnelle. Le budget du CPF géré par France Compétences passe de 1,96 à 1,31 milliard d’euros, via une hausse du reste à charge et de nouveaux plafonds de prise en charge.
Quels secteurs recrutent malgré ces tensions budgétaires ?
Le numérique, la santé, l’industrie et les métiers de la transition écologique restent identifiés comme les secteurs en tension qui concentrent l’essentiel des besoins de recrutement en France en 2026.
Sources
- Europe Business News — NEET France 2026 : 13,3 % des jeunes hors emploi et études
- Centre Inffo — 2026, annus horribilis pour la formation professionnelle ?
- Sénat — Projet de loi de finances 2026 : Travail, emploi et administration des ministères sociaux
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



