Ouvrir sa salle de sport à toute heure, sans coach ni hôte d’accueil derrière un comptoir : c’est le modèle qui a porté une grande partie de la croissance du secteur du fitness en France ces dernières années. Depuis le 1er mai 2026, ce format dit « en accès libre » doit désormais respecter un cadre réglementaire strict, fixé par un arrêté publié au Journal officiel. Vidéosurveillance, jauge limitée, notification préalable aux autorités : voici ce que change concrètement ce texte pour les salles et pour leurs adhérents.
Un secteur qui n’a jamais autant ouvert de portes
Le marché français des salles de sport recense aujourd’hui au moins 6 811 établissements actifs, contre environ 6 000 début 2025 : près de 800 nouvelles enseignes ont donc vu le jour en un an. Le chiffre d’affaires du secteur avoisine 2,4 milliards d’euros, porté par près de 7 millions d’adhérents actifs. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large : comme le détaille notre article sur la pratique sportive en France, de plus en plus de Français déclarent une activité régulière, et les formats hybrides ou collectifs, à l’image de la vague Hyrox, séduisent un public toujours plus large. C’est justement cette expansion rapide, et notamment celle des salles fonctionnant sans personnel présent en permanence, qui a poussé les pouvoirs publics à encadrer le modèle.
Ce que change l’arrêté du 4 février 2026
Le texte, publié le 15 avril 2026 et entré en vigueur le 1er mai, modifie l’article « PE 27 » du règlement de sécurité incendie applicable aux établissements recevant du public (ERP). Il s’applique aux salles de sport, studios de yoga ou de pilates, box de cross-training et centres d’électrostimulation classés en ERP de 5e catégorie (moins de 200 personnes de capacité théorique), installés en rez-de-chaussée et hors centre commercial. Concrètement, les établissements doivent respecter :
- Un maximum de 19 personnes simultanément présentes, sur réservation obligatoire ; au-delà, du personnel doit être présent sur place ;
- Une télésurveillance agréée CNAPS (Conseil national des activités privées de sécurité), avec caméras dans les zones d’activité et boutons d’alerte audio dans les vestiaires, sans caméra à cet endroit ;
- Une notification préalable par lettre recommandée au SDJES, au SDIS et à la mairie, précisant les horaires d’ouverture en accès libre ;
- Une mise à jour des conditions générales de vente, incluant l’interdiction d’accès aux mineurs non accompagnés et une auto-évaluation de santé demandée aux adhérents.
Un coût d’adaptation réel pour les exploitants
Pour les gérants déjà installés, la mise en conformité représente un investissement estimé entre 1 500 et 10 000 euros selon l’équipement initial, auquel s’ajoute un abonnement mensuel de télésurveillance compris entre 50 et 150 euros. Un coût que les grandes enseignes, comme L’Orange Bleue qui vise une cinquantaine d’ouvertures rien qu’en 2026, intègrent dans leurs plans de développement — quand certaines salles indépendantes plus petites devront arbitrer entre investissement et fermeture des créneaux sans personnel.
Pourquoi ce cadre légal arrive maintenant
Le succès de l’accès libre repose sur une promesse simple : s’entraîner à toute heure, y compris tôt le matin ou tard le soir, sans dépendre des horaires d’un accueil physique. Un modèle qui a suivi, et parfois précédé, la diversification des pratiques sportives observée ces dernières années — de la montée du squash à l’essor du vélo évoqué dans notre article sur la pratique du vélo en France. Sans présence humaine permanente, la question de la sécurité des adhérents — malaise, accident, intrusion — restait cependant en suspens sur le plan réglementaire. L’arrêté du 4 février 2026 vient combler ce vide juridique en s’appuyant sur un cadre déjà connu des professionnels de la sécurité privée, celui du CNAPS.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un ERP de 5e catégorie ?
Il s’agit d’un établissement recevant du public dont la capacité théorique d’accueil reste inférieure à 200 personnes. C’est cette classification, utilisée en sécurité incendie, qui détermine les obligations applicables aux salles de sport en accès libre.
Une salle de sport peut-elle rester en accès libre au-delà de 19 personnes ?
Non : passé ce seuil, la réglementation impose la présence physique de personnel sur place. En dessous, la réservation préalable reste obligatoire pour permettre le contrôle des effectifs.
Toutes les salles de sport sont-elles concernées par ce texte ?
Seules celles classées en ERP de 5e catégorie, installées en rez-de-chaussée et en dehors des centres commerciaux, sont visées. Les grandes salles à forte capacité, elles, restent soumises à d’autres règles de sécurité incendie.
Sources
- Fitness Boost — Accès libre en salle de sport : les règles depuis mai 2026
- Toute la Franchise — Le marché des salles de sport en France
- Tiblog — Pratique sportive en France : un niveau record en 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



