À partir du 11 août 2026, la logique du démarchage téléphonique bascule complètement en France. Jusqu’ici, un professionnel pouvait vous appeler tant que vous ne vous étiez pas inscrit sur une liste d’opposition. Désormais, c’est l’inverse : sans votre accord préalable, l’appel commercial devient tout simplement interdit. Ce renversement de principe, discret dans les textes mais majeur dans la vie quotidienne, mérite d’être expliqué clairement, car il redonne la main aux consommateurs.
Du « opt-out » au « opt-in » : le principe s’inverse
Le dispositif actuel repose sur l’opt-out : on est démarchable par défaut, à charge pour chacun de se signaler pour être laissé tranquille. Le service Bloctel, créé en 2014 pour recueillir ces refus, ferme ses portes. À sa place s’installe l’opt-in : un professionnel ne peut désormais vous appeler à des fins commerciales que si vous avez consenti au préalable. Concrètement, l’absence de réponse ou de démarche de votre part vaut désormais refus.
Ce que change ce basculement pour vous :
- Vous n’avez plus rien à faire pour ne pas être démarché : le silence protège.
- Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable.
- Un accord donné n’est pas éternel : il est valable un an au maximum.
- Vous pouvez retirer votre consentement à tout moment, aussi simplement que vous l’avez donné.
Ce que dit le nouveau cadre juridique
Les modalités pratiques ont été fixées par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026, publié au Journal officiel. Il précise comment le consentement doit être recueilli, conservé et retiré. L’objectif est double : rendre le consentement traçable et vérifiable par l’administration, et éviter les cases pré-cochées ou les formulations ambiguës qui contournaient l’esprit de la loi.
Les sanctions se veulent dissuasives. Un démarchage réalisé sans consentement valable expose son auteur à une amende pouvant atteindre 375 000 € pour une personne morale. Surtout, tout contrat conclu à la suite d’un appel non conforme est frappé de nullité : vous pouvez le remettre en cause. C’est un levier concret, bien plus efficace qu’une simple inscription sur une liste.
Quelles exceptions subsistent ?
L’interdiction n’est pas absolue. Un professionnel peut continuer à vous contacter dans le cadre d’une relation contractuelle en cours, par exemple votre opérateur ou votre banque au sujet d’un service que vous utilisez déjà. En dehors de ces situations, l’appel « à froid » sans accord préalable n’a plus de base légale, quel que soit le secteur d’activité concerné.
Comment s’y préparer concrètement
Quelques réflexes simples permettent de tirer parti de la réforme :
- Relisez les cases que vous cochez en ligne : un consentement se donne sciemment, il peut aussi se refuser.
- Notez que vous pouvez révoquer un accord donné par le passé, sans justification.
- En cas d’appel abusif après le 11 août, conservez la date et l’heure : la preuve du consentement incombe au professionnel.
- Un contrat signé sous la pression d’un appel non sollicité peut être contesté au titre de sa nullité.
Au-delà du confort retrouvé, cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des droits liés à notre vie numérique et de meilleure protection des budgets des ménages, un enjeu qui touche aussi bien la finance personnelle que l’équilibre de la société tout entière.
Questions fréquentes
À partir de quand le démarchage sans accord est-il interdit ?
À compter du 11 août 2026. Passée cette date, un professionnel ne peut vous appeler à des fins commerciales que si vous avez donné votre consentement préalable.
Que devient Bloctel ?
Le service Bloctel, fondé sur la logique d’opposition, disparaît. Il n’est plus nécessaire de s’y inscrire puisque, par défaut, vous n’êtes plus démarchable sans accord explicite.
Que risque une entreprise qui ne respecte pas la règle ?
Elle s’expose à une amende pouvant atteindre 375 000 € pour une personne morale, et tout contrat conclu à l’issue d’un appel non conforme peut être annulé.



