Le filtre anti-arnaques devait protéger les internautes français des sites frauduleux dès le 1er septembre 2026. Mi-septembre, le dispositif promis par le gouvernement n’est toujours pas activé : aucun décret d’application n’a été publié, et le projet se heurte désormais à des objections formulées au niveau européen. Voici ce que l’on sait, en distinguant les faits vérifiés des prévisions qui restent encore incertaines.
Les tentatives d’hameçonnage et les faux sites marchands figurent depuis plusieurs années parmi les menaces les plus signalées par les internautes aux autorités françaises. C’est dans ce contexte que le filtre anti-arnaques avait été présenté comme une réponse structurelle, et non plus seulement comme une campagne ponctuelle de sensibilisation.
Un projet promis depuis 2022, déjà plusieurs fois reporté
Annoncé en 2022, le filtre anti-arnaques a raté plusieurs échéances : la Coupe du monde de rugby 2023, puis les Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024, deux périodes pourtant identifiées comme propices aux tentatives de phishing et d’usurpation d’identité en ligne. Une nouvelle date avait ensuite été fixée au 1er septembre 2026. Elle n’a, à son tour, pas été tenue.
Le dispositif s’appuie sur la loi SREN (loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique), promulguée en mai 2024, qui prévoit la création de ce mécanisme de protection. Sa mise en œuvre technique est désormais pilotée par l’Office anti-cybercriminalité (OFAC), en lien avec l’Arcom, l’ANSSI et la DGCCRF.
Comment le filtre est censé fonctionner
Le principe retenu repose sur le filtrage DNS, une technique déjà utilisée en France pour bloquer certains sites. Lorsqu’un internaute tente d’accéder à une page identifiée comme frauduleuse — hameçonnage, usurpation d’identité, collecte illégale de données personnelles ou arnaque au paiement — un message d’avertissement doit s’afficher et bloquer momentanément la navigation. L’utilisateur garde la possibilité de poursuivre après avoir confirmé son choix : le filtre se veut un frein, pas une censure automatique.
- Alerte en temps réel avant l’accès à un site suspect
- Blocage par défaut, contournable après confirmation explicite de l’utilisateur
- Fondé sur une liste de sites signalés, actualisée par les autorités compétentes
Pourquoi le lancement de septembre a été bloqué
Selon plusieurs médias spécialisés, le projet se heurte à des réserves formulées à Bruxelles : sa compatibilité avec la directive européenne sur le commerce électronique et avec le règlement sur les services numériques (DSA) serait en question. Un filtrage imposé au niveau national par un État membre doit en effet rester cohérent avec des règles pensées pour un marché numérique unique européen — un point d’équilibre qui prend du temps à négocier. Il s’agit là d’une prévision sur la suite du calendrier, et non d’un fait acté : aucune nouvelle date de lancement définitive n’a été communiquée par les autorités françaises à ce stade.
Ce nouveau report intervient alors que la réglementation du numérique se densifie par ailleurs en France, à l’image des textes encadrant récemment les contenus générés par intelligence artificielle diffusés par les marques et les influenceurs. Le filtre anti-arnaques s’inscrit dans cette même logique : mieux encadrer le droit du numérique face à la multiplication des arnaques en ligne.
En attendant, quelles protections existent déjà ?
Faute de filtre national opérationnel, plusieurs outils restent disponibles dès aujourd’hui. Les navigateurs les plus utilisés intègrent déjà des systèmes de détection de sites malveillants, et la plateforme SignalConso permet de signaler une pratique commerciale douteuse à la DGCCRF. Le site cybermalveillance.gouv.fr propose de son côté un diagnostic et des conseils pour les victimes d’arnaques en ligne.
Au quotidien, quelques réflexes simples restent les plus efficaces : vérifier l’adresse exacte d’un site avant de saisir des identifiants, se méfier des messages urgents réclamant un paiement immédiat, et prendre le temps de vérifier l’identité réelle d’un site internet avant d’y renseigner des données personnelles ou bancaires. Ces vérifications valent aussi pour des secteurs très ciblés par les escrocs, comme le rappellent les conseils disponibles pour trouver un site fiable en ligne avant d’y transmettre ses coordonnées bancaires.
Ce feuilleton réglementaire illustre une tension plus large entre la volonté des États de mieux protéger les internautes et le cadre juridique européen du numérique et d’internet, qui impose ses propres délais de négociation entre États membres.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le filtre anti-arnaques ?
C’est un dispositif prévu par la loi SREN qui doit avertir, puis bloquer par défaut, l’accès à un site identifié comme frauduleux (hameçonnage, usurpation d’identité, arnaque au paiement), tout en laissant à l’internaute la possibilité de poursuivre sa navigation après confirmation.
Le filtre anti-arnaques est-il disponible en 2026 ?
Non. Bien qu’une mise en service ait été annoncée pour le 1er septembre 2026, aucun décret d’application n’avait été publié à la mi-septembre et le projet reste freiné par des objections formulées au niveau européen sur sa compatibilité avec le droit du numérique.
Comment se protéger des arnaques en ligne en l’absence du filtre ?
Il est recommandé d’utiliser les fonctions de protection déjà intégrées aux navigateurs, de vérifier systématiquement l’adresse et l’identité d’un site avant d’y saisir des données personnelles ou bancaires, et de signaler tout site suspect via SignalConso ou cybermalveillance.gouv.fr.
Sources
Journal du Geek — Génération NT — L’Informé
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



