La seconde main n’est plus un marché de niche : elle redessine la manière dont les Français s’habillent. Pour la deuxième année consécutive, Vinted s’impose comme le premier vendeur de vêtements en France, devançant des géants comme Zara ou H&M. Un basculement qui en dit long sur les nouvelles habitudes de vente en ligne et de consommation vestimentaire.
Un chiffre d’affaires en forte hausse
Sur l’exercice 2024, Vinted a enregistré un chiffre d’affaires de 813 millions d’euros, en progression de 36 % sur un an, selon les données rapportées par franceinfo. La plateforme lituanienne revendique désormais 27 millions d’utilisateurs en France, soit près d’un habitant sur deux âgé de 15 à 34 ans. Son bénéfice net a quant à lui été multiplié par plus de quatre, pour atteindre 76,7 millions d’euros, porté par un volume de marchandises échangées de plus de 10,7 milliards d’euros à l’échelle du groupe.
Contrairement à des plateformes comme Vestiaire Collective, dont le chiffre d’affaires 2024 avoisine les 160 millions d’euros et qui prélève une commission sur les ventes entre particuliers, Vinted ne facture rien au vendeur : c’est l’acheteur qui règle des frais de protection. Ce modèle, combiné à une application pensée pour la rapidité de mise en ligne, explique en grande partie l’avance prise sur ses concurrents directs.
La mode, premier poste de la seconde main
Selon les données de Bpifrance, le marché français de la seconde main pèse désormais environ 14 milliards d’euros tous secteurs confondus, dont près de 7 milliards d’euros pour le seul textile, avec une croissance annuelle proche de 12 %. L’habillement représente ainsi près de 40 % du marché de l’occasion, loin devant l’électronique ou l’ameublement. Les plateformes spécialisées comme Vinted et Vestiaire Collective pèsent désormais 17 % des achats de mode réalisés en ligne.
Cette dynamique n’est toutefois pas uniforme selon les générations. Chez les 18-24 ans, la seconde main représente 18 % des achats vestimentaires en valeur, contre seulement 4,2 % chez les plus de 55 ans. Un écart qui traduit un rapport très différent à l’habit : les plus jeunes générations y voient autant un geste économique, dans un contexte de pouvoir d’achat sous tension, qu’un moyen de se démarquer avec des pièces vintage ou rares.
Pourquoi ce basculement compte
- Il rebat les cartes de la distribution textile classique, désormais concurrencée frontalement par l’occasion entre particuliers.
- Il installe la seconde main comme un réflexe d’achat ordinaire, et non plus comme une alternative marginale.
- Il pousse les enseignes traditionnelles à développer leurs propres corners d’occasion pour ne pas perdre ce segment de clientèle.
- Il place la France, marché numéro un de Vinted devant le Royaume-Uni et l’Allemagne, au centre de cette transformation européenne.
Pour les enseignes historiques, la bascule est déjà tangible : plusieurs grandes chaînes ont ouvert des rayons dédiés à l’occasion ou noué des partenariats avec des plateformes de revente, une manière de capter une clientèle qui, sans cela, se tournerait spontanément vers Vinted ou Vestiaire Collective plutôt que vers les nouvelles collections.
Questions fréquentes
Vinted facture-t-il des frais aux vendeurs ?
Non. Vinted ne prélève aucune commission sur les ventes entre particuliers : ce sont les acheteurs qui paient des frais de protection lors du paiement, ce qui distingue la plateforme de concurrents comme Vestiaire Collective.
La seconde main concerne-t-elle surtout les jeunes ?
Oui, dans une large mesure. Les 18-24 ans réalisent 18 % de leurs achats vestimentaires en valeur via la seconde main, contre 4,2 % seulement chez les plus de 55 ans, selon les données disponibles sur le secteur.
Quel est le poids de la mode dans le marché français de l’occasion ?
Le textile représente près de la moitié du marché français de la seconde main, évalué à environ 14 milliards d’euros, avec près de 7 milliards d’euros générés par l’habillement seul.
Sources
France Info — Bpifrance — Seconde Média
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



